L'appellation Saint-Joseph

Saint-Joseph c’est une appellation toute proche, et des vins qu’on aime présenter comme les vins de chez nous. Le Doux prend sa source à Saint-Bonnet et dévale les belles pentes ardéchoises jusqu’à « Sainte-Épine », l’un des plus grands terroirs de l’appellation.
Dans la région, c’est le vin des repas de famille par excellence ; un grand classique qui séduit toutes les générations. Un cru pourtant encore trop peu connu, contrairement à certaines célébrités voisines.

Le 19 mars c’est la Saint-Joseph, une belle occasion de faire ensemble un tour d’horizon de l’appellation, son histoire et ses spécificités.

Terroir de Ste Epine AOC Saint-Joseph domaine Hervé Souhaut

saint-joseph, Une histoire à rebondissements

Les premières traces de vigne remontent entre 124 et 60 ans avant Jésus-Christ ; merci aux romains pour leur contribution ! Renommé dès le XVIIème siècle, le grand Charlemagne en raffolait. Plus tard, Victor Hugo l’inscrit dans la postérité avec cette citation des Misérables « Mon frère lui fit boire un peu de ce bon vin de Mauves qu’il ne boit pas lui-même, car il dit que ce vin est très cher ».
C’est aux jésuites que l’on doit son nom actuel de Saint-Joseph.

Création de l’appellation Saint-Joseph

En 1956, l’AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) voit le jour. Elle regroupe alors 90 hectares sur six communes ardéchoises. La zone est recentrée sur ce qu’on nomme aujourd’hui le « cœur historique » ou le « berceau de Saint-Joseph » (Saint-Jean-de-Muzols, Vion, Lemps, Tournon, Mauves et Glun).

  • L’extension de l’AOC saint-joseph

En 1969, l’appellation va voir sa surface « exploser » ; 20 communes sont alors ajoutées. Trop grand, trop vite, trop de pressions économiques ? Le débat agite alors le vignoble.

  • 1994, révision de l’appellation

Sous l’impulsion de plusieurs vignerons, l’INAO (Institut national de l'origine et de la qualitéprocède à une expertise poussée qui aboutira à une révision de l’aire d’appellation. Tout en restant sur les mêmes communes, on revient alors aux terroirs de coteaux qui font l’essence même de Saint-Joseph. Une modification qui se terminera en 2021. Peu d’appellations ont connu un tel retournement ; une petite révolution.
« …Cette révision, qui réduit de moitié l’ancienne aire parcellaire délimitée, passant alors de 6 800 hectares à 3 400 hectares et qui fut donc lourde de conséquences sociales pour les producteurs, met en évidence le rôle dynamique des producteurs dans la définition et la maîtrise des règles de production. Dès lors, le vignoble est restructuré et les coteaux qualitatifs reconquis. » (Extrait du cahier des charges de l’appellation Saint Joseph.)

Saint-Joseph en quelques chiffres

  • 3 comme les trois grands cépages de l’appellation

Marsanne et Roussanne pour les blancs, et Syrah pour les rouges.
La Marsanne est un cépage originaire du Dauphiné, majoritaire pour l’élaboration des blancs. Rustique et robuste, elle donne des vins puissants à l’acidité moyenne.
La Roussanne est plus récente sur Saint-Joseph ; les plus vieilles vignes ont une cinquantaine d’années. Bien que plus difficile à travailler, elle gagne aujourd’hui du terrain. On aime sa complexité et sa finesse.
La Syrah, cépage emblématique de la Vallée du Rhône septentrionale est friande des climats doux et peu contrastés. En Saint-Joseph, elle se sent comme à la maison ! Variété autochtone, elle résulte d’un croisement entre la Mondeuse blanche savoyarde et la Dureza ardéchoise. La Syrah est réputée pour ses tanins, pour sa puissance, ses notes de poivre, de fruits noirs…

  • 1 240 hectares pour une production moyenne de 40 000 hectolitres
  • 90 % de vins rouges produits et 10 % de vins blancs
  • 131 caves particulières, 5 caves coopératives, 18 négociants et 455 viticulteurs

Saint-Joseph la complexe, disparité ou merveilleuse diversité ?

Le débat fût houleux pour choisir son nom. Certains secteurs de l’appellation étaient autrefois connus sous le nom de « Vin de Mauves », « Vin de Chavanay » ou « Vin de Tournon ».
Finalement le nom de Saint-Joseph remporta la majorité.
La magie de Saint-Joseph c’est sa diversité ; une appellation qui court sur 60 km le long du Rhône. Du Nord au Sud, on retrouve des différences de climats, de sols.
Les vignerons de Saint-Joseph aiment à citer ce proverbe « Pour que le vin soit bon, la vigne doit voir le fleuve ». Le Rhône, le plus puissant des cours d’eau français, a sans nul doute une importance capitale sur le vignoble. Ses affluents ont creusé des combes, faisant naitre ainsi des expositions différentes. On retrouve dans ces brèches les plus beaux terroirs de l’appellation. Pour mieux explorer Saint-Joseph, il convient de parler de trois grands secteurs :

  • Le Nord de Saint-Joseph

Secteur très réputé de l’AOC, il se dit que les vignerons de « Chavanay » ont hésité à se rapprocher de Côte-Rôtie avant d’intégrer Saint-Joseph. On trouve ici les trois communes situées dans le département de la Loire, et des grands noms de la Vallée du Rhône septentrionale ; des familles qui ont fait la réputation du secteur. De façon générale, les Saint-Joseph sont élégants avec beaucoup de finesse, et la Syrah s’exprime ici sur un côté lardé. Quelques domaines : Yves Cuilleron, François Merlin, Pierre Jean Villa, Julien Pilon

  • La partie centrale de Saint-Joseph

Ici, les caves coopératives règnent en maîtres. On a longtemps sur ce secteur délaissé les coteaux, au profit de vignes plus faciles à entretenir et donc plus rentables. Mais depuis la restructuration de 1994, l’effet s’inverse. De nombreux vignerons ont fait le choix de faire cavalier seul et de reconquérir les pentes abruptes au service de la qualité. On déguste ici des Saint-Joseph plus avenants, avec de vraies belles découvertes.
Quelques domaines : François Grenier, Domaine des Pierres Sèches - Sylvain Gauthier

  • LE sud DE SAINT-JOSEPH

Au cœur de cette partie Sud, on retrouve entre autre le secteur historique de Saint-Joseph. Ce dernier regroupe les toutes premières communes à figurer au sein de l’appellation en 1956. Un terroir de renom pour l’appellation, avec des crus d’exception et de grands vignerons. C’est ici que la famille Chave est notamment installée. Célèbre pour son Hermitage, Jean-Louis Chave est également convaincu du potentiel de Saint-Joseph. Il élabore une seule cuvée issue des vignes plantées sur Lemps et Mauves (aux lieux-dits Bachasson, Chalaix, Clos de l’Arbalestrier, Les Oliviers…) On retient bien entendu le fabuleux terroir des Royes, magnifique cirque calcaire faisant exception dans l’appellation à dominante granitique. Des Saint-Joseph de puissance.
Quelques domaines : Jean-Louis Chave, Laurent & Dominique Courbis, Christophe Curtat.

Le coteaux les Royes terroir d'exception AOC St Joseph domaine de Courbis

Une appellation en devenir ?

Sans nul doute Saint-Joseph n’est qu’au début de son aventure. On retiendra ces quelques mots de Jean-Louis Chave à la RVF (Revue du Vin de France) : « Les vins que je fais aujourd'hui à Saint-Joseph n'en sont encore qu'au stade de projet. J'observe, j'attends, mais je sais déjà que certaines parcelles de l'appellation peuvent faire de grands vins. »

Un homme de Saint-Joseph, « Maurice Courbis »

Dernièrement, France Inter mettait à l’honneur la famille Courbis, maires de père en fils depuis 1888 à Chateaubourg (132 ans, rien que ça !). Une famille de vignerons attachée et engagée dans leur village, forcément ça nous touche. Il y a plus de 25 ans que nous vendons leurs vins ; une relation qui dépasse le lien fournisseur-client. Une véritable rencontre entre deux familles. On se souvient avec émotion de l’accueil de Maurice en 1994. La famille Courbis a réussi à faire évoluer son exploitation. Maurice le patriarche avait déjà compris tout le potentiel du vignoble quand il a défriché et replanté les coteaux de Chateaubourg. Certains l’on pensé fou de s’attaquer à ses pentes abruptes. Aujourd’hui, le monde du vin salue la qualité des « Royes ». Un grand terroir de l’appellation et un lieu magnifique. Les frères Courbis, Laurent et Dominique, ont su moderniser le domaine, chaque génération apportant toutefois sa pierre à l’édifice. Des vignerons fédérateurs, impliqués, respectant l’héritage tout en regardant vers l’avenir.

Le Fin gras du Mezinc et Saint-Joseph : l’accord mets et vin qui marche

La classe à l’ardéchoise ! Comme pour beaucoup, le traditionnel bœuf de Pâques est un souvenir d’agapes familiales. Le Fin Gras du Mezenc, c’est une fierté de la montagne ardéchoise (et aussi de la Haute-Loire of course). C’est une viande gouteuse, parfumée comme les prairies du plateau ardéchois. Un régal à associer à un beau Saint-Joseph.

Un terroir mythique sur Saint-Joseph, « Sainte Epine »

Sainte-Épine est une combe creusée par le Doux. Cet affluent du Rhône descend de Saint-Bonnet jusqu’à Saint-Jean-de-Muzols. Le secteur de Sainte-Épine est orienté Sud-Est face à la colline de l’Hermitage. Il fait partie des grands terroirs de l’appellation ; on y produit des Saint-Joseph de puissance, qui traversent les années avec brio.

Sources

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